Carole Tolila (Silence, ça pousse !) : « Mon rôle est de mettre en avant toutes personnes qui se bougent pour changer les choses »

Par
Pierre Manches
Le
21
September
2022
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September
2022
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Carole Tolila (Silence, ça pousse !) : « Mon rôle est de mettre en avant toutes personnes qui se bougent pour changer les choses »

Carole Tolila est un visage bien connu des téléspectateurs de l’émission Silence, ça pousse !, dédiée au jardin et à la nature, diffusée tous les samedis sur France 5 à 11h40. Cette journaliste de tout juste 40 ans œuvre depuis six ans, aux côtés de Stéphane Marie, pour mettre en lumière les vertus de la nature, sous toutes ses formes. Adepte depuis toujours du « do it youself », elle se livre aujourd’hui pour En Lumière.

 

Vous dites souvent que vous n’avez pas la main verte. Cela s’est arrangé en six ans de coprésentation de Silence, ça pousse ! ?

Carole Tolila : Cela commence à venir (rires) ! C’est vrai que je n’avais pas du tout la main verte quand j’ai commencé Silence, ça pousse ! Mais, maintenant, après six ans de présence dans l’émission et six ans à écouter et voir agir Stéphane (Stéphane Marie, coprésentateur historique de l’émission, ndlr), j’ai acquis quelques connaissances. Ce qui m’a manqué, pendant longtemps, ce n’était pas l’envie, c’était la pratique. J’habitais un appartement sans aucun extérieur, ce n’était donc pas très facile. Désormais, je suis dans une maison avec un petit jardin que l’on commence à aménager, en famille. Je réfléchis aux plantes que je souhaite y faire pousser en cherchant à anticiper la manière dont elles pourront s’épanouir mais, de là à être experte, il me faudra des années. C’est aussi cela qui est bien avec la nature : c’est elle qui décide et il convient de toujours rester humble face à elle.

 

Comment a évolué votre rapport à la nature, justement ?

Carole Tolila : J’avais déjà une certaine conscience écologique auparavant. Dans ma bande très proche de copines, il y a des activistes très engagées : on achetait bio, on triait nos déchets, on cherchait des alternatives aux serviettes hygiéniques, ce genre de choses. Et puis, du côté de ma mère, j’ai des racines ardéchoises. Tous les étés, je conduisais le tracteur, auprès de mon grand-père. Tout cela pour dire que, quand même, je n’arrivais pas dans un milieu dont j’ignorais tout. J’ai depuis toujours un rapport fort à la nature, avec des lieux d’enfance qui sont très importants pour moi, et qui restent des passages obligés, tous les étés. Il y a des odeurs, aussi, des sensations qui me restent. Ma madeleine de Proust, en l’occurrence, c’est la verveine. C’est l’une des plantes importantes pour moi et que je veux avoir dans mon jardin. Globalement, je suis attachée aux odeurs du sud : la lavande, le romarin, la glycine, le bougainvillier, etc.

 

Portrait de Carole Tolila

Et au quotidien, quels sont les petits gestes écolos que vous appliquez ?

Carole Tolila : Les choses ont évidemment évolué au fil des années : il y a eu les différents rapports du GIEC, les nombreuses prises de parole de philosophes, d’écologistes, d’intellectuels et autres ; autant de signaux forts montrant qu’il y avait urgence à agir. Mon mari (le journaliste Thomas Isle, ndlr), du fait de son travail, était lui aussi motivé à apprendre à mieux consommer. Alors, ensemble, nous avons commencé à faire attention à notre alimentation, en privilégiant des produits sains et en cherchant à mieux comprendre les enjeux autour de la filière : savoir comment c’est cultivé et, finalement, comment faire les bons choix. Cela fait ainsi très longtemps que nous mangeons bio. Nous avons ralenti notre consommation de viande – je ne la réserve plus, personnellement, qu’à de rares occasions, au restaurant par exemple alors que, là-dessus, je partais de loin. Nous avons également mis en place un système de compost à la maison. Nous recyclons bien sûr nos déchets. Une autre chose encore, qui peut paraître futile mais que je trouve très révélatrice : j’utilisais auparavant des kilos de coton, mais c’est terminé aujourd’hui, je suis passée à l’huile démaquillante. Je culpabilise aussi de prendre l’avion : je le prends bien moins qu’avant car cela me pose désormais un réel problème de conscience. Quoi d’autre ? Ah oui : nous avons acheté un vélo électrique. Un pour deux pour l’instant : il va nous en falloir un deuxième (rires).

 

Parlez-nous de Silence, ça pousse ! et de la manière dont vous y concevez votre rôle ?

Carole Tolila : J’aime tout ce qui est créatif, depuis toujours. Ma sœur était très manuelle et je l’ai suivie, en quelque sorte. Ensemble, nous formions, petites, un binôme ultra énergique et créatif. Ce sont des choses qui me tiennent à cœur, encore aujourd’hui. Du « do it yourself », tel que je le promouvais dans l’émission Les Maternelles aux rubriques de Silence, ça pousse ! c’est, je crois, le fil rouge de ma carrière. Pour Silence, ça pousse ! j’aime mettre en avant les jeunes créateurs et les personnes très impliquées pour que les choses changent, à travers la rubrique Jeunes pousses. L’idée est d’être dans le partage de valeurs positives et se faisant le porte-voix de tous ces gens qui ont des choses à dire et qui se mobilisent pour faire bouger les choses, au plus près du terrain.

 

Ce rôle de porte-voix pour sensibiliser les téléspectateurs aux enjeux environnementaux est important pour vous ?

Carole Tolila : Ce sont des valeurs fortes de l’émission qui me tiennent particulièrement à cœur. Je rencontre au quotidien des personnes qui ont des idées génialissimes. Souvent, j’aimerais être à la hauteur de leurs compétences mais, à défaut, ce que je peux faire, c’est de les aider à être visibles en les mettant en lumière à l’antenne. C’est ainsi que je conçois mon rôle. C’est ma modeste contribution pour essayer de faire en sorte que la société change, et les retours que je peux avoir par les réseaux sociaux, notamment Instagram, me confortent en ce sens. J’essaie aussi, autant que possible, de garder des liens après mes reportages. Je pense par exemple à cette entreprise que je trouve assez formidable, SAS Minimum – Le Pavé, engagée dans le recyclage et l’éco-construction : elle récupère des déchets plastiques pour en faire du mobilier de maison. Ce que cette entreprise réalise est assez bluffant et je rêverais de concevoir avec eux ma future table de bureau ! Je pense aussi à Eliott Schonfeld. Pour la petite histoire, je réalisais un reportage sur des créations de Noël autour des luminaires de la société Bloolands. Après le tournage, l’une de mes interlocutrices me parle de son fils, un aventurier parti en Amazonie qui venait de publier un livre. L’histoire me fascine, je me procure le bouquin et c’est alors une découverte extraordinaire pour moi, je ne peux pas le lâcher de la première à la dernière page, tellement c’est passionnant. Ce garçon, Eliott Schonfeld, donc, est tombé par hasard sur un récit évoquant Raymond Maufrais, un jeune homme de 23 ans qui a autrefois disparu en pleine jungle amazonienne. On n’a jamais retrouvé que les carnets de ce Raymond Maufrais, sans plus de détails. Eliott Schonfeld est alors parti sur ses traces et c’est ce qu’il raconte dans son livre, que je recommande à tous, tant il vient bousculer notre conscience écologique en l’interrogeant intelligemment. C’est d’ailleurs un livre que j’offre régulièrement à tout le monde, aujourd’hui.

 

Le partage est une valeur importante pour vous : c’est comme cela qu’est né Pyjama Thérapie, ce live Instagram que vous animez tous les jeudis ? Comment vous est venue l’idée et que retirez-vous de toutes ces rencontres ?

Carole Tolila : J’ai commencé en avril 2020, pendant le premier confinement. J’en suis aujourd’hui à plus de 200 invités. En fait, je voulais retrouver un peu d’innocence, dans une période pesante. L’idée est d’abord née de discussions avec des amies : on discutait en ligne de différentes choses et, de fil en aiguille, nous avons glissé vers des sujets liés à la rénovation de la maison, puis à la visite des appartements ou maisons de chacune. J’ai eu envie d’approfondir le sujet et c’est comme cela que Pyjama Thérapie a été créé, avec un concept qui s’est ensuite affiné avec des home tour où l’on se retrouve chez les gens. Ce qui m’intéresse, au-delà des visites guidées des maisons et appartements, c’est ce que mes invitées ont à dire, à montrer, et ce que cela révèle d’elles : les bibelots, la déco, l’organisation des espaces, cela en dit tellement long sur ce que nous sommes…

Découvrez le compte Instagram et la chaîne Youtube de Carole Tolila.

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