Pour combattre l’éco-anxiété : « surmonter sa peur et passer à l’action »

Par
Aurore Galland
Le
01
June
2022
, le
23
August
2021
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min.
Pour combattre l’éco-anxiété : « surmonter sa peur et passer à l’action »

Incendies, fonte des glaces, déforestation… difficile de ne pas ressentir de l’anxiété face à ce que l’on lit ou entendons dans les médias. C’est même normal, et cela a un nom : l’éco-anxiété. Charline Schmerber, praticienne en psychothérapie, dévoile les raisons qui poussent à ressentir ce stress, et donne des pistes pour combattre l’éco-anxiété.

 

Commençons par le début : l’éco-anxiété, qu’est-ce que c’est ?

Charline Schmerber : L’éco-anxiété, c’est une détresse prospective que ressentent certains individus lorsqu’ils imaginent l’avenir. Elle combine ce qu’ils savent sur l’état actuel de la planète et le futur envisagé, ce qui les amène à ressentir de l’anxiété. C’est en quelque sorte un stress « pré-traumatique ». À l’inverse, la solastalgie est une détresse qui survient lorsque vous comparez ce que le dérèglement climatique a changé au monde d’avant :  les neiges éternelles de vos randonnées d’enfance qui ont disparu par exemple, et qui provoquent cette forme particulière de nostalgie, cette détresse “rétrospective”.

 

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Portrait de Charline Schmerber, praticienne en psychothérapie

 

Comment savoir si on est éco-anxieux ?

Charline Schmerber : Généralement on ressent plusieurs émotions en même temps. Ce n’est pas que de l’anxiété mais aussi de ​​la colère, de l’impuissance, de la tristesse, de la peur… de l’espoir parfois. On passe par différentes étapes, qui amènent parfois à un état de grande colère, lorsqu’on a l’impression que collectivement, les choses ne bougent pas suffisamment. Cela peut toucher les gens de manières différentes : difficulté à dormir, idées obsessionnelles, anticipations de scénario catastrophe, perte d’appétit, épuisement émotionnel, psychique, physique. Cela fait parfois penser aux syndromes que l’on ressent dans un burn-out.

 

« Surmonter sa peur et passer à l’action »

 

Concrètement, qu’est-ce que l’on peut faire pour combattre l’éco-anxiété ou la solastalgie ?

Charline Schmerber : En parler, c’est déjà une première chose, car objectivement, elles ont raison : c’est légitime d’être inquiet. Il faut apprendre à donner une juste place à ses émotions, continuer à rêver, à s’émerveiller, mettre l’accent sur la sécurité relationnelle, retrouver du lien avec le vivant, avec l’éco-système qui nous entoure. En tout, j’ai recensé 14 pistes plus ou moins concrètes pour combattre l’éco-anxiété et la solastalgie. Une chose est sûre, il ne faut pas sacrifier son présent. Certaines personnes se sentent dans une course contre la montre, alors qu’au contraire, il faut réussir à garder la tête froide, se poser et prendre les bonnes décisions quant à ses choix de vie, ses priorités. Et pour cela, "paradoxalement", il faut prendre son temps alors que certes, une course contre la montre est lancée par rapport à l'état du monde.

 

Est-ce que l’une des solutions pour combattre l’éco-anxiété c’est l’action ? Se mobiliser, faire ce que l’on peut à son échelle, car tous les gestes comptent ?

Charline Schmerber : J’ai réalisé une enquête auprès de 1.000 personnes afin de comprendre les éco-anxieux. L’une des questions portait sur l’impact de l’éco-anxiété sur la capacité d'agir au quotidien. 30% des répondants m’ont indiqué ressentir une forme d’éco-paralysie, une incapacité de mise en mouvement. 9% d'entre eux oscillaient entre l’envie d’agir et la difficulté d’action. Heureusement - et c'est rassurant - une grande majorité, 61%, traversent ce ressenti d'éco-anxiété grâce à la mise en place d’actions individuelles : la transition écologique au sein de leur foyer, la minimisation des déchets, une alimentation plus responsable, des achats auprès de producteurs locaux, etc. Certains, même, font part d’une envie d’actions collectives, dans des associations par exemple. Je leur suggère d’essayer de donner envie, d’être une preuve par l’exemple. C'est ainsi que l’on peut surmonter sa peur et passer à l’action. C’est souvent contre-productif de dire aux autres « il faut faire si, il faut faire ça » et d’être dans l’injonction. Par contre, on peut présenter les faits, montrer les changements positifs, montrer son engagement.

 

Le site de Charline Schmerber : http://www.solastalgie.fr/

Son enquête complète à découvrir ici.

 

 Quatre conseils pour combattre l’éco-anxiété

  • En parler : à un proche, un professionnel car il s’agit d’un “sentiment normal, dans une situation anormale”.
  • Continuer à stimuler l’imaginaire : rêver, s’émerveiller, faire des projets.
  • Se reconnecter à la nature, pour observer ses merveilles et ses pouvoirs, et mieux comprendre les changements qu’elle subit.
  • Passer à l’action : car chaque petits gestes comptent, pour réduire son bilan carbone par exemple, et ont valeur d’exemple auprès de nos proches.

 

 

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